Demat (bonjour).

Je voudrai réserver la salle de bain pour 3 personnes ce soir mar plij (s’il vous plaît).

Photos : pour tous les clichés el eternauta – août 2014

(merci Mamie Bigoude pour la diffusion de l’ensemble des photos)

Non vous ne rêvez pas, je viens réellement de réserver la salle de bain pour quatre personnes. Dans les faits, pour être honnête cela n’a pas été possible. Une prochaine fois peut-être. On m’a proposé la chambre rose, j’ai accepté. Pour ceux et celles qui auraient l’imagination fertile, je tiens à préciser qu’il ne s’agit nullement d’un hôtel mais d’un restaurant. La réservation est assez cocasse je vous l’accorde. Au cœur de l’un des quartiers le plus touristique de la ville de Tours, dans le quartier du vieux-Tours, en plein cœur de l’hyper centre de la ville, au milieu des maisons médiévales à colombages, se trouve une ti (maison) pas comme les autres. Dans cette maison, il y flotte comme un air de Bretagne. Cette ti c’est celle de Mamie Bigoude qui pour les amateurs d’évasion, de voyage, d’insolite surtout, est un lieu à ne pas manquer. Bienvenue dans une demeure familiale qui deviendra vite la vôtre à vous aussi. Bienvenue et merci de me suivre pour ce nouveau post de la rubrique « Sur la route du goût » en compagnie de notre charmante Barbie. Attention au départ, embarquez pour un voyage au cœur de la gastronomie à votre porte. Posez votre sac, attrapez vos couverts ça va commencer. Yec’hedhed mat ! (Bonne santé ! A la tienne !). Retour sur ma rencontre avec Frédérique (Chargée de la Relation Client), les krampouezh (les crêpes), la ti et Mamie Bigoude.

LE CADRE PITTORESQUE

A quelques minutes de la rue Nationale, cette maison offre un cadre plutôt curieux, atypique voire même insolite avec ses pièces vastes et soigneusement décorées. Chacune des pièces, chacun des espaces à un nom bien particulier et sa décoration soignée a été choisie en fonction du thème qui lui a été attribué. Dans une ambiance cosy, pop à l’esprit récup, rétro- vintage, les hôtes d’une soirée, d’une pause méridienne sont plongés dans l’ambiance feutrée d’une maison des années 50. Le style rétro de cette ti n’est pas kitsch. Chaque objet de la déco d’inspiration rétro prend des allures d’antan donnant à chacune des pièces une personnalité qui lui est propre (sensuelle, zen, chic, glamour, chaleureuse, nostalgique, kitch, …) avec une couleur dominante (vert, rose, bleu, …) associée à une matière, des meubles, des accessoires, des éléments de décoration spécifiques. Même si les pièces sont différentes, le lien est perceptible et nul ne doute que l’hôte d’un repas se sente à son aise dans cette ti. C’est celle d’une grand-mère bretonne dénommée Mamie Bigoude.

Une ambiance décalée donc, colorée dont les meubles et les accessoires sont détournés de leur usage premier. Rien d’étonnant dans cet univers d’être alors éclairé par une planche à repasser, de se laver les mains avec l’aspirateur ou de manger sur la baignoire ou dans le lit.
« Chiner, parcourir les brocantes à la recherche de petits trésors pour leur donner une nouvelle vie » a séduit les propriétaires. Ils ont aussi fait appel à Michaël DUVALS (Loudun) pour redonner vie à de vieux meubles et objets d’antan avec une note contemporaine et « surtout pour réaliser ce qu’ils avaient en tête ». Ils étaient le cerveau, il était les mains. Bref, une découverte, une redécouverte, de ces objets du quotidien qui prennent vie autrement comme les pelotes de laine devenues lustre.

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LE CONCEPT

Il est possible d’ouvrir le champ des possibles, d’ouvrir de nouvelles perspectives lors d’un repas conventionnel. De par la France, au grès de vos voyages sur la route du goût, vous avez peut-être fait escale dans un restaurant, un bar où manger avec les couverts sont bannis, où la lumière est absente, où le froid est de mise. Peut-être vous êtes-vous installés pour ripailler, pour lamper sur une balançoire, dans une combinaison, dans un tramway, chez un concessionnaire automobile voire avez-vous sans doute prit de l’altitude. Ces restaurants, ces bars font partie d’une nouvelle vague d’établissements qui ont pour seul objectif de faire de votre moment un instant formidable. Certains sont cachés, d’autres ont pignon sur rue. Mais une chose est sûre, ils proposent des cartes, des atmosphères recherchées et dédiées à des publics ciblés car passionnés par un thème. Qu’il s’agisse d’automobile, de sensation forte, de musique, … de nostalgie, l’insolite s’invite de plus en plus. Mettez-vous aussi de la gaîté, du bonheur, de la convivialité à vos repas. Osez le curieux. Moi c’est fait.

C’est sans doute plus facile car Barbie fait partie de cette génération d’éternels adolescents qui part à la quête de l’insolite, de l’atypique, du rétro. Sans doute et, c’est avec une délectation non dissimulée qu’elle se prête au jeu. Même le temps du repas mérite d’être ludique, créatif et inventif. Mettons enfin de la fantaisie, du glamour pendant nos repas.

Mamie Bigoude en est l’illustration même. En échangeant avec Frédérique, ce restaurant « est conçu comme une vraie maison : on mange dans la salle de bain, dans la chambre, … ». A l’image de tous ces établissements atypiques, à l’origine il y a le concept. « Le déjeuner et le dîner sont les seuls moments où l’on peut se poser. Les seules périodes de la journée, où il est possible aux parents de prendre le temps de renouer avec l’esprit familial et convivial aussi. Nous voulions proposer un concept familial tout en créant un lieu atypique ».

Vous pourrez donc traverser les pièces de la maison et profiter des différents espaces aménagés. Faites comme chez vous, comme chez votre grand-mère, installez-vous et mangez où bon vous semble (une réservation est néanmoins nécessaire car certaines pièces sont plus prisées que d’autres). Faisons ensemble le tour du propriétaire. Visite guidée dans cette immense demeure, celle de Mamie Bigoude. Au rez-de-chaussée, vous entrez par l’entrée/le vestibule. A votre droite, la cuisine et face à vous le boudoir(mettez-vous à l’aise en attendant votre table, le canapé est hyper confortable). Puis, vous pénétrez dans le hall d’entrée qui dessert à votre gauche la salle à manger, à votre droite le salon-cheminée/ cabinet de curiosité et à l’extérieur la terrasse, face à vous l’escalier / galerie d’art qui vous mène à l’étage. A l’étage, les WC, la chambre rose, la buanderie avec la réserve, la salle de bain et la chambre bleue. Le sol est recouvert d’un lino ou d’un magnifique parquet. Les nappes en toile cirée sont vichy. Un jukebox invisible peaufine cette ambiance rétro. Chez mamie on y écoute du Brel, du Brassens, du Nougaro, …

Comme à l’image de nombreux de leurs confrères, se lancer dans un tel pari n’est pas sans risque. « A notre arrivée, nous avons souffert de l’image que l’on nous donnait de piège à touristes car nous avions misé beaucoup sur la déco. Nous n’étions pas pris au sérieux par nos pairs ». Et pourtant, nous y reviendrons mais cette crêperie propose une carte audacieuse.

Revenons au concept. « Nous sommes partis de l’histoire de mamie car elle symbolise la base de la création culinaire. Les meilleurs plats sont toujours ceux de notre mamie. De plus, la mamie parle à tout à chacun. En l’évoquant, on se représente tous les goûters chez notre mamie avec la barre de chocolat dans le pain. La mamie a une représentation très cocooning, très stéréotypée aussi que nous voulions recréer ici. Nous avions envie de retrouver un peu de cela. Puis la bigoudène car elle serait bretonne. Nous avons alors imaginé la maison de cette Mamie Bigoude avec la tête de cerf, le macramé, … tout en lui donnant un côté rock’n’roll et pop. C’est un clin d’œil à ses origines, un jeu de mot. Nous avons fait le choix d’opter pour des couleurs flashy pour que les convives repartent avec le sourire, la banane au visage, pour que chacun puisse être dépaysé et requinqué en repartant. »

Et ils sont allés plus loin, au cœur de cette ti, dans un espace de quelques mètres carrés au rez de chaussée, vous pourrez découvrir et notamment vos enfants dans un décor (qui sera bientôt retravaillé) des jeux, des livres, des déguisements, des énigmes, des ateliers créatifs … « il n’est pas facile d’aller au restaurant avec ses enfants sans une certaine appréhension. D’ailleurs, nombreuses sont les familles qui préfèrent ne pas sortir en leur compagnie voire ne sortent pas du tout au restaurant. Certains restaurants se refusent aussi à accepter les enfants. On a eu envie de le leur permettre en créant un espace enfants avec deux animatrices qui se relayent (Frédérique étant elle-même maman de trois enfants, ce plus au concept a été pour elle une évidence). L’espace se transforme même en baby-discothèque. L’animateur a un côté grand-frère, grande-sœur pour les enfants. » Du vendredi soir au dimanche midi le restaurant est majoritairement occupé par les couples avec enfants. Mais attention, « il ne s’agit pas d’une garderie, les enfants restent sous la responsabilité de leur parent et notamment ceux de moins de 2 ans car nous ne sommes pas habilités à nous en occuper : on reste un restaurant. »

Ce concept de « tout inclus » offre un plus. A l’image de la cerise sur le gâteau, Mamie Bigoude propose d’y fêter son anniversaire. Pendant deux heures et demie, vous pourrez organiser l’anniversaire de votre bambin chez Mamie Bigoude au Carrousel Gourmand (à Chambray-lès-Tours). « Les parents peuvent être présents ou non pour mettre en œuvre les animations. Les parents peuvent s’il le souhaite mettre la main à la pâte. Mais une formule propose que nous nous chargions de tout même de la déco. L’anniversaire est programmé à 15h00 et on propose de le fêter comme à la maison sans y être vraiment. Les enfants se déguisent (clown / pirate / super-héros / fée), se maquillent avant de partir à la chasse aux bonbons en répondant à des énigmes. Une fois le trésor trouvé, chacun reçoit de manière officielle un diplôme. Puis vient le moment d’une collation bien méritée : la farandole de crêpes (chocolat maison, confiture, caramel beurre salé maison, …). »

Il n’y a pas d’âge pour se plaire dans ce lieu. Les familles, les parents et les enfants peuvent apprécier le moment du repas et en être comblé, car il se passe dans la joie et la bonne humeur. Et inutile de s’égosiller à les faire rester à table, à s’échiner pour qu’ils ne braillent pas, ici les enfants sont les bienvenus et les bienheureux.

Pour plus de renseignements pour les goûter d’anniversaire : www.lecarrousselgourmand.com

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LE PERSONNAGE : MAMIE BIGOUDE

On se sent chez soi dans ce restaurant organisé comme une maison. Barbie en parcourant les pièces a voyagé. Même si le voyage fut intérieur, il fut intense. Non empreint de nostalgie et de regrets mais de bonheur à la vision des images projetés dans son cerveau. Dans cette maison-restaurant c’est un peu de l’appartement de sa grand-mère : son mobilier, ses affaires personnelles, sa chaleur humaine et son bien-être qui lui reviennent en tête. Les souvenirs refont surface et il est doux de se les rappeler. Certains disent qu’il suffit parfois d’un bout de tissus, d’une photo, d’une odeur pour qu’un souvenir remonte à la surface. Là tout était rassemblé et ce fut le cas. Une des personnes m’accompagnant aurait bien aimée quitter cet espace avec une robe en souvenir (je ne me souviens plus du nom du restaurant mais il en existe où vous pouvez repartir avec la vaisselle dans laquelle vous avez mangé !).

A la tête de cette institution, une grand-mère : Mamie Bigoude. Cette grand-mère n’est en rien dépassée par la technologie. Exit l’image d’Epinal de la mamie gâteau. Elle ne ressemble pas beaucoup à l’image de la grand-mère de Gustave doré, de celles des livres de la comtesse de Ségur voire celles des contes des frères Grimm. Aucune comparaison possible. « Mamie Bigoude est rock’n’roll », elle est swag. Elle est super équipée et connectée au monde en utilisant le numérique pour communiquer via notamment son compte Facebook (et son Twitter). Sans abandonner son rôle et ses responsabilités (elle tient un restaurant ce n’est pas rien), cette mamie est dans le coup. Vous aurez également le sourire en découvrant une boîte de rangement plutôt curieuse à la vue des regards pour y ranger … des sex-toys. D’ailleurs, elle est « devenue un vrai personnage, une entité à part entière et bien réelle. Beaucoup de clients lui envoient un post sur son compte Facebook, lui font parvenir une carte postale. Elle est comme en vie. Les gens se plaisent à croire à son existence. Et nous aussi, nous croyons en son existence ».

Mamie Bigoude, est une mamie très sportive aussi. Pour rien au monde, elle ne manquerait le RENDEZ-VOUS incontournable des courses sur route dans le grand ouest. Sa participation aux manifestations locales sont à l’image de son restaurant, insolite. « J’essaye d’être atypique dans ma présentation quant à ma participation aux manifestations. Pas question pour nous de tenir un stand, trop informel, je préfère une ambiance plus familiale, chaleureuse. Du coup, je donne rendez-vous à une trentaine de coureurs à 7h30 le matin de la course. Après la séance photo, je me joints à eux pour la course et ce, même si je ne suis pas une coureuse émérite. » C’est avant tout pour l’aventure humaine que j’y participe. Pour l’anecdote, « je ne suis pas sportive pour être honnête et le jour de la course, tous les garçons m’emmènent, me soutiennent et m’encouragent pour que j’aille jusqu’à la ligne d’arrivée. » Cette année, les 10, 20 km de Tours se déroulement le 21 septembre 2014. Pour en savoir plus : http://nrco.lanouvellerepublique.fr/dossiers/20km/ www.facebook.com/events/266301183571129/

Mamie Bigoude c’est aussi un couvre-chef qui ne passe pas inaperçu. Elle est en effet affublée d’une coiffe qui attire le regard des badauds, des gourmets (la devanture du restaurant, le logo, quel que soit le support Mamie Bigoude arbore avec fierté sa coiffe). Pour la petite histoire, la coiffe de Mamie Bigoude est un accessoire de mode, sa taille et ses dentelles changent selon les âges et les communes bretonnes. Même si la coiffe est un attribut de séduction, Mamie Bigoude la porte avec fierté comme pour marquer, symboliser son attachement à la Bretagne, sa terre natale. « C’est une fidèle doyenne des traditions, Mamie Bigoude continue de porter aujourd’hui la coiffe, ce couvre-chef indispensable au costume traditionnel du pays bigouden. » De tout temps, les coiffes ont fasciné des générations de vacanciers, ont fait le bonheur des publicitaires et des éditeurs de cartes postales. Coiffée de son gracile clocher de dentelle, cette bigoudène fait un pied de nez aux accessoires modernes. Mais ne vous y méprenez pas, Mamie Bigoude « est moderne, elle a parcourue le monde (les nombreuses cartes postales sont l’illustration même de ses virées : New-York, Washington, Troyes, Tende, Bréhat, …) et la galerie de portrait font d’elle une personne illustre croquée par les plus grands artistes : Fernando Botero Angulo (aquarelliste, sculpteur colombien – né le 19 avril 1932), Keith Allen Haring (artiste, dessinateur, peintre, sculpteur, et activiste américain des années 1980 – né le 4 mai 1958 et décédé le 16 février 1990), Roy Fox Lichtenstein (un des artistes les plus importants du mouvement pop art américain – né le 27 octobre 1923et décédé le 29 septembre 1997), Nikki de Saint Phalle (chanteuse, plasticienne, peintre, sculptrice, réalisatrice française – née le 29 octobre 1930 et décédée le 21 mai 2002), AndyWarhol (artiste américain à l’origine du pop art – né le 6 août 1928 et décédé le 22 février 1987), Picasso (peintre, dessinateur, sculpteur espagnol – né le 25 octobre 1881 et décédé le 8 avril 1973) ».

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LA CUISINE : KRAMPOUEZH en folie

Chevaliers, marins, inventeurs ou sportifs, nombreux sont ceux qui ont marqué l’Histoire ou qui ont incarné l’âme d’une région ô combien sublime qu’est la Bretagne. On peut citer Anne de Bretagne (1477/1514 – héroïne bretonne qui épousa successivement deux rois Charles VIII et Louis XII), Robert Surcouf (1773/1827 – le plus célèbres des corsaires), Fulgence Bienvenüe (1852/1936 – le père du métro parisien), Eric Tabarly (1931/1998 – un marin d’exception), … sans oublier Mamie Bigoude. Fonceuse, persévérante, Mamie Bigoude incarne le tempérament des Bigoudens. C’est aussi la première femme à ouvrir les portes de son palais, de son palet. Depuis décembre 2009, Arnaud et Frédérique ont su créer « une ambiance conviviale, comme chez notre grand-mère ».

Cette vedette armoricaine de la crêpe s’est donc installée en terre de Gaule romaine, dans ce jardin de France qu’est la Touraine. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si Arnaud et Frédérique ont décidé de s’y installer. « Cela fait maintenant 35 ans, que nous sommes installés en Touraine. Il nous est difficile d’envisager de quitter cette région, de quitter la ville de Tours. Sa géographie, sa localisation, son environnement naturel préservé et protégé, son patrimoine historique, son offre culturelle diversifiée, sa gastronomie, son dynamisme, … sa douceur de vivre, cette capitale de la France (c’est à Henri IV que nous devons Paris comme capitale de la France aujourd’hui), ce jardin de la France est difficile à quitter. » Ils y ont posés les valises et ne comptent pas la quitter de sitôt, à part peut-être pour « aller au Maroc ».

« 95 % des produits sont fait maison » et pour en avoir le cœur net, il est possible de s’en rendre compte en chaussant une bonne paire de basket avant de rentrer en cuisine. Frédérique ouvre l’antre, le bastion de la crêpe à qui veut le découvrir. « La carte a été retravaillée en 2010 pour y intégrer un maximum de produits frais ».

La crêpe est-elle traitée sur un mode aussi chic que la déco ? Dégustation …

Le service est attentionné, prévenant sans être oppressant et de bon conseil. Cette maison est accueillante et chaleureuse. A votre arrivée à table, on vous tend « PAPI Match » où Mamie Bigoude fait la une sur la couv, une carafe d’eau. C’est extra. La carte vous propose des entrées, des salades, des burgers, des crêpes de froment, des galettes spéciales de sarrazin. Il y en a pour tous les goûts et tous les appétits. Ainsi vous pourrez vous délecter avec une Liz Taylor, une Joe, une Heidi, une Casimirs, et bien d’autres encore. Preuve que Mamie Bigoude a des goûts culturels très hétéroclites. Installés dans la chambre rose, nous sommes bien. Heureusement pour mes convives, ma partie de lit ne fait pas couchette car ma soirée se serait achevée sans eux, un bon livre en mains avec une bonne tisane (comme ma mamie).

Pour Barbie et ses deux convives ce fut un plateau John Wayne en entrée (camembert fondant, assiette de charcuterie, cornichons, pain bruschetta avec des frites et mesclun de salade) accompagné de kir breton. Servi dans un plateau, il avait un air champêtre avec un je ne sais quoi de croquant du sud. Puis en plat : une Dartagnan (magret de canard, oignon confit, pomme de terre persillée, lardon, crème fraîche), une Pinocchio (coppa grillée, tomate cerise, mozzarella au basilic, emmental) et une Harry Potter (andouille de Guéméné, oignon confit, pomme caramélisée, moutarde à l’ancienne). Dans l’assiette, nous nous risquons donc à la fantaisie. Le tout fut une merveille de saveurs douces, un subtil mélange osé de saveurs sucré- salé. Le petit moins, elles furent servie dans une vaisselle trop contemporaine (nous nous attendions à de la vaisselle plus estampillée années 50 à 70) à notre goût faisant le pendant avec une garniture abondante. Mais ce détail plus contemporain et moderne est sans doute un contre pied à sa déco vintage. Chaque crêpe fut accompagnée de sa petite salade croquante apportant une touche de fraicheur, de légèreté, de croquant, très appréciée de tous. Bref, nous nous sommes régalés. Exit le décor stéréotypé de la Bretagne pour déguster de bonnes crêpes. Les crêpes que l’on a testée sont bonnes, faites avec des ingrédients de qualité, sont agréables en bouche et originales. Le décor est un vrai plus sans cliché sur la Bretagne et les bretons. Un goût de breizh dans notre assiette. D’autres trésors culinaires sont à découvrir et pour ma part, je compte bien refaire le déplacement (mes convives étant de Tours, il leur sera plus aisé d’y retourner).

Quant au prix, c’est abordable. Bon équilibre qualité/prix. 9 euros en moyenne pour une salade, 11 euros environ pour un burger, 9.5 euros en moyenne pour une galette de sarrazin et comptez 5.20 euros pour un pot-dessert. Le plus : la formule du midi est à 10.90 euros.

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LA FRANCHISE

« Elevée dans la plus pure tradition du pays Bigouden, Mamie Bigoude se révèle fan de rock et de cinéma américain des années 50. Passionnée d’art & de déco, grande voyageuse, gourmande de rencontres, elle transforme aujourd’hui ses maisons en restaurants uniques. Incarnée par une « Mamie Rock’n’roll », et s’appuyant sur un concept sécurisant et universellement connu, Mamie Bigoude casse les codes de la crêperie traditionnelle, décale les ambiances, détourne objets et réinvente les produits, en apportant fraîcheur et originalité au concept. Ce restaurant se veut résolument populaire, tant sur les prix que sur la convivialité, fédérant par ses clins d’œil toute la famille autour de souvenirs et de conversations souriantes. L’espace enfants étant le point d’orgue de cette démarche, ajoutant une approche éducative au côté ludique. »

Mamie Bigoude c’est un réseau de franchisés créé en 2009, développée par la SARL SOLISUD MB, qui compte aujourd’hui un restaurant à Tours, Limoges et à La Rochelle. Ainsi que le Carrousel Gourmand sur Chambray-Lès-Tours. Mais Arnaud et Frédérique ne souhaitent pas un développement rapide, souhaitent préserver « l’âme de mamie », le projet d’ouverture d’un quatrième resto est à l’étude. Alors si « le concept vous plait et que vous souhaitez ouvrir une franchise Mamie Bigoude et que vous disposez d’un local de 200 à 300 m2 dans Paris intra-muros vous êtes le bienvenue. » Et rassurez-vous, Arnaud, Frédérique, Pierre, Kevin, Matias, Benoist, une équipe qui sera à vos côtés, pour vous délivrer une partie de leurs secrets et vous épauler pendant l’ouverture. D’ailleurs, ils sont « présents à chaque ouverture et travaillent aux côtés des nouveaux propriétaires, d’une durée variable selon les besoins de nos partenaires, afin qu’ils puissent profiter d’une prestation « Clé en main ». » Un soutien, une aide, une sorte de « formation ».

L’OUVERTURE

Pour les repas, la ti est grande ouverte et la fine équipe de Mamie Bigoude vous accueille 7 jours sur 7 :

« Pour le déjeuner : du lundi au vendredi de 12h00 à 14h00, les samedis et les dimanches de 12h00 à14h30 »

« Pour le dîner : du dimanche au jeudi de 19h00 à 22h30, les vendredis et les samedis de 19h00 à 23h00 ».

Prendre une location éphémère le temps d’une collation demande une organisation. Et pour cause, certaines pièces de cette ti sont très demandées. La chambre bleue, la salle de bain, le salon-cheminée sont très sollicitées. Et ce, en raison de leur proximité avec  » Le jardin d’enfants « . En parallèle, si l’envie vous tente de vous y rendre le week-end, prenez vous-y en avance, notamment les samedis soir. Les veilles de jours fériés nécessitent eux aussi de s’y prendre en amont. Alors pensez à réserver au 02 47 64 53 85 pour que le repas soit magique.

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LE MOT DE LA FIN … ou presque

« Il suffit parfois d’une étincelle pour embraser une vie » (écrivait Marc Levy dans l’un de ses ouvrages) et Mamie Bigoude a animée la mienne. En entrant dans ce restaurant, rien ne laissait supposer que cela serait une escale sur les routes du goût. Barbie en est ressortie plus heureuse, plus animée à reprendre la route du goût. Parfois, il suffit de presque rien. Mais ce presque rien fait tout. Si je termine mon article par cette citation et par cet aparté c’est que cette rencontre m’a touchée vous l’aurez sans doute compris. Cette rencontre fut fortuite, non préméditée, non programmée comme les précédentes. Atypique comme le lieu. Barbie se baladait dans les rues de Tours, profitait de ce doux climat et du calme de cette région. Bref, profitait pleinement de quelques jours de vacances. Le hasard l’a fait tourner dans une ruelle où son regard fut attiré par une porte dérobée d’un restaurant (le fumet s’en échappant, il ne pouvait en être autrement). Curieuse de nature, Barbie entre par la porte de service et reste figée. Il est doux de se souvenir de bons moments. Comme écrit précédemment, ce lieu a fait surgir en moi de nombreux souvenirs plaisant à la minute où j’ai foulé le sol de ce restaurant. Ceux de mon enfance, de ce réveil poilu et de ce baiser baveux du matin dans le lit de ma grand-mère (je vous rassure il s’agissait du chien), des sorties courses chez le boucher, des gâteaux et autres nombreuses friandises qu’elle dissimulait dans le meuble du salon (en fait, ils n’étaient pas vraiment cachés), du miroir dans lequel elle aimait à se coiffer, de ce poêle qui lui servait de cuisinière, … En entrant dans ce restaurant, je fus comme happée dans mes souvenirs d’enfance, ceux d’avec ma grand-mère. En étant adulte, on a tendance à les oublier parfois, et il est doux de se les rappeler. Pour en revenir à cette rencontre, il était presque 11h et le personnel s’affairait telle une fourmilière avant l’orage. Deux serveuses s’arrêtent et me demande si j’ai besoin de quelque chose. On ne me fait pas comprendre que je dérange, bien au contraire on m’accueille même si ce n’est pas l’heure. Elles me permettent de prendre quelques clichés souvenir et me feront rencontrer Mamie Bigoude. Souriante et très agréable cette équipe qui malgré les préparatifs en cours m’accordent de leur temps. Frédérique m’accueille par la suite à bras ouverts, un sourire non dissimulé aux lèvres. Et rapidement notre échange devient moins informel … presque familial. Il n’est parfois pas nécessaire d’avoir avec une personne un lien de sang pour ressentir que vous pouvez être de la même famille. On aurait dit deux cousines qui se retrouvent après un long moment d’absence et qui se content leurs dernières anecdotes. Elle me conte une histoire, un conte de fée : le premier chapitre de Mamie Bigoude.

Chers lecteurs et lectrices, ce restaurant n’est pas simplement une crêperie, c’est un lieu magique empli de chaleur humaine. C’est une famille qui vous ouvre ses portes et telle une mamie, votre mamie, vous couve le temps d’un échange, d’un repas. Pour moi, ce fut fantastique. Et en plus c’était bon !

LES INFOS COMPLEMENTAIRES

Twitter : twitter.com/Mamiebigoude1

Facebook : www.facebook.com/mamiebigoude.tours.1?fref=ts

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Kenavo
 (au revoir)

Ken ar c’hentañ ! (à la prochaine !)

Et pour vous initier à la langue bretonne : http://www.bretagne.com/fr/culture_bretonne/langue/le_breton/dictionnaire

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